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Californie

Une ville californienne à l'image d'un artiste québécois

Agence QMI | 25/01/2012

Mario Pitre | Agence QMI

 
 
Californie - Une ville californienne à l'image d'un artiste québécois
© Courtoisie
Patrick Amiot a trouvé un style propre à lui en recyclant des rebuts en œuvres d'art, exposées un peu partout dans la ville de Sebastopol, au nord de San Francisco.


 

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La petite de ville de Sebastopol, dans le nord de la Californie, suscite l'émerveillement de tous les gens qui s'y arrêtent, grâce aux sculptures originales et colorées de l'artiste Patrick Amiot, disposées un peu partout tant sur les propriétés publiques que privées.

Originaire de Salaberry-de-Valleyfield, Patrick Amiot, et sa conjointe Brigitte Laurent ont tout abandonné en 1997 pour prendre la route de l'ouest américain avec leurs deux fillettes, à bord d'un véhicule récréatif.

«On vivait dans un loft sur le Plateau Mont-Royal, où j'avais mon atelier de céramique, mais je sentais que j'arrivais pas à me contenter de ce que je faisais, je recherchais autre chose, j'avais le goût d'un grand changement et je suis parti à l'aventure en vrai fou», a-t-il expliqué.

Au bout du fil, dans son atelier bric-à-brac, entouré d'un tas de ferraille provenant d'objets recyclés, Patrick Amiot a raconté son histoire invraisemblable, comme il l'a déjà fait avec plusieurs médias américains, du San Francisco Chronicle au New York Times, en passant par le magazine Sunset .

Enthousiaste comme un adolescent, le jeune quinquagénaire a expliqué néanmoins que les premières années vécues sur la côte ouest n'ont pas été faciles. «Je m'ennuyais, je n'arrivais pas à définir ce que je voulais faire, j'avais envie de quelque chose plus près du cœur, de l'environnement, et financièrement on était au bord de la faillite», a-t-il dit.

Puis, vient cette idée de créer sur sa propriété de la rue Florence une imposante sculpture d'une quinzaine de pieds de hauteur, à partir de pièces d'aspirateurs, d'une brouette et d'un barbecue.

L'œuvre illustrant un pêcheur et son poisson a suscité tant de curiosité dans le voisinage, que son image d'un individu un peu étrange a pris celle d'un artiste reconnu.

Sous cette impulsion, l'ancien élève du Collège de Valleyfield allait bénéficier d'un autre hasard du destin en réalisant sa version personnelle de la statue de la Liberté à l'aide de pièces d'autos, d'une vieille poubelle et de vieux bouts de bois.

«Contre toute attente, je l'ai installée devant chez moi le 10 septembre 2011. Deux jours plus tard, des gens de la communauté ont commencé à venir y déposer des fleurs, des lettres en mémoire des défunts», a-t-il souligné.

«J'ai alors décidé d'y ajouter une inscription en mémoire de toutes les innocentes victimes qui ont perdu la vie le 11 septembre 2001. À partir de ce moment-là, il s'est établi une relation solide avec tous les gens de la communauté».

Ce lien communautaire a donné lieu à la création d'une fondation, et d'un calendrier illustré des œuvres de Patrick Amiot. Grâce au Folk Art for Schools Calendar, la fondation a recueilli jusqu'à 400 000$ pour venir en aide aux écoles locales.

Artiste de la ferraille

Le style particulier, voire naïf, qu'entretient Patrick Amiot fait maintenant partie prenante de l'environnement visuel, à Sebastopol. On y où retrouve pas moins de 250 de ses œuvres: Batman, Babe Ruth, les frères Marx, et autres personnages au style aussi loufoque qu'ingénieux.

Elles ont été réalisées avec l'aide de sa conjointe Brigitte. «C'est elle la colonne vertébrale de notre petite entreprise», a dit celui qui se qualifie «d'artiste de la ferraille».

M. Amiot se félicite d'abord et avant tout de donner une nouvelle vie à des objets destinés aux rebuts, et de bénéficier ainsi d'une matière première inépuisable.

«Ici en Californie, ça coûte très cher de jeter de gros déchets, 50$ pour une tondeuse, 100$ pour une laveuse, alors plusieurs préfèrent me les refiler pour les recycler en pièces d'art», a-t-il ajouté.

Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que Sébastopol, avec ses quelque 7000 habitants, soit reconnue pour être à l'avant-garde. En 2000, les citoyens ont élu un premier conseil municipal majoritairement vert, et la ville a la réputation d'accueillir plusieurs adeptes de la contre-culture des années 60.

Pour avoir une meilleure idée du travail de Patrick Amiot et Brigitte Laurent, il suffit de taper son nom sur un moteur de recherche Internet, ou d'accéder à leur site: www.patrickamiot.com.

 
 
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