À L'OUEST DE PLUTON24 heures dans la vie d'adospar Maxime Demers Le Journal de Montréal 26-10-2008 | 17h00
Tourné avec un budget modeste de 15 000$ tiré de leurs poches, À l’ouest de Pluton, leur premier film qui a pris l’affiche hier, se situe donc quelque part entre la fiction et le documentaire. On y suit pendant 24 heures une dizaine d’adolescents de la banlieue de Québec aux valeurs et aux passions différentes. Leurs chemins se croiseront lors d’un party bien arrosé qui finira mal. Pour certains d’entre eux, du moins… Les adolescents du film (qui avaient entre 15 et 16 ans au moment du tournage) n’avaient aucune expérience devant l’écran et ont tous été recrutés dans l’ancienne école secondaire des deux réalisateurs, à Loretteville, en banlieue de Québec.
À CONSULTER:
«On y vit tellement de choses en si peu de temps, car c’est très court, l’adolescence. C’est éprouvant mais excitant en même temps. On a la vie devant soi mais en même temps on se demande ce qu’on va devenir.» «C’est aussi une période où on vit beaucoup de premières expériences, ajoute Henry Bernadet. Les premières brosses, les premiers amours… Tu te sens invincible mais en même temps, t’es très fragile et très influençable.»
HYPERRÉALISTEVerreault et Bernadet, qui ont fait leurs premières oeuvres dans le mouvement Kino à Québec, constatent qu’en général, l’adolescence sonne faux au cinéma. La plupart des films grand public se déroulant dans des écoles secondaires se contentent en effet de présenter un portrait très rose des ados d’aujourd’hui. «On voulait faire un film hyperréaliste, explique Henry Bernadet, et c’est pourquoi on a choisi une forme très près du documentaire. On ne voulait surtout pas faire une fiction mettant en vedette des acteurs de 25 ans dans des rôles d’adolescents.» «À partir du moment où c’est un texte récité ou appris par coeur, pour nous, ça sonne faux, et c’est quelque chose qu’on voulait éviter», ajoute Myriam Verreault. Les premières lignes du scénario d’À l’ouest de Pluton ont été écrites il y a quatre ans déjà. Les deux réalisateurs se sont inspirés de leurs souvenirs d’adolescence, mais aussi de leur rencontre avec la dizaine de jeunes qu’ils avaient choisis pour leurs personnages. «On s’est inspiré de nos expériences, comme ces célèbres premières brosses où on a l’impression qu’il se passe tellement de choses dans une seule soirée, mais le scénario a aussi été construit à partir des jeunes qu’on avait choisis», indique Myriam Verreault. «On s’est dit: on va les rencontrer, discuter avec eux et s’inspirer d’eux pour écrire l’histoire. Le processus d’écriture a toujours été très ouvert. Il y a beaucoup d’éléments anecdotiques dans le film et ça vient surtout d’eux. On voulait faire un portrait d’eux dans leur quotidien à ce moment précis de leur vie.» |